Calcul du TJM freelance : du revenu net visé au taux à facturer
Le taux journalier moyen répond à une question simple : combien facturer chaque jour facturé pour transformer un revenu net visé en chiffre d'affaires réel, une fois charges et jours non travaillés retirés. Le nombre de jours facturables par an pèse plus que tout autre paramètre sur ce résultat.
Comment se calcule le TJM
Le calcul part du revenu net mensuel visé, multiplié par douze pour obtenir un revenu annuel net cible. Ce montant est ensuite ramené à un chiffre d'affaires brut selon le statut choisi : une micro-entreprise supporte un taux de charges forfaitaire différent d'une société soumise à cotisations sociales et charges de structure. Le chiffre d'affaires annuel ainsi obtenu est divisé par le nombre de jours facturables dans l'année, c'est-à-dire les jours où une mission est réellement vendue et payée, une fois retirés week-ends, congés, jours fériés et temps consacré à la prospection ou à l'administratif. Le résultat final, le TJM, combine donc trois choix appliqués dans cet ordre : le revenu visé, le statut juridique et le nombre de jours vendus.
Ce qui fait varier le TJM
Le nombre de jours facturables par an fait plus varier le TJM que le revenu visé lui-même, car il agit comme un diviseur direct. Sur un revenu net visé de 3 000 euros par mois, ramené par exemple à 50 000 euros de chiffre d'affaires à facturer selon le statut, un professionnel qui vend 200 jours par an doit facturer 250 euros par jour. Le même chiffre d'affaires réparti sur seulement 140 jours facturables, parce que la prospection, la formation ou les congés en absorbent davantage, porte le TJM à environ 357 euros. Le statut joue aussi : une société avec des charges de structure plus lourdes qu'une micro-entreprise exige un chiffre d'affaires annuel plus élevé pour le même revenu net, donc un TJM plus haut à nombre de jours égal.
L'erreur qui fausse le calcul
L'erreur la plus fréquente consiste à retenir un nombre de jours facturables trop optimiste, en comptant les jours ouvrés de l'année sans retirer le temps réellement non vendu : prospection, formation, congés, creux d'activité entre deux missions. Un professionnel qui base son TJM sur 220 jours alors qu'il n'en facture réellement que 160 sous-évalue son taux journalier et, l'écart constaté en fin d'année, découvre un revenu net inférieur à celui visé malgré un TJM appliqué correctement. L'autre erreur consiste à choisir un statut sans recalculer les charges qui lui sont propres : le même TJM ne produit pas le même revenu net en micro-entreprise et en société. Le coût de ces erreurs ne se voit pas sur une facture isolée, il se voit dans la trésorerie de fin d'exercice.
Questions fréquentes
Quelle différence de TJM entre micro-entreprise et société ?
La micro-entreprise applique un taux de charges forfaitaire simplifié, cotisations comprises, sans distinguer les frais réels. Une société passe par des cotisations sociales calculées sur une rémunération, auxquelles s'ajoutent souvent des charges de structure ou de comptabilité. Pour un même revenu net visé, le chiffre d'affaires à facturer est donc rarement identique entre les deux statuts, ce qui se répercute directement sur le TJM calculé, à jours facturables égaux.
Combien de jours facturables prévoir par an ?
Le nombre de jours facturables correspond aux jours effectivement vendus à un client, pas aux jours ouvrés de l'année. Il faut retirer les week-ends, les congés, les jours fériés, mais aussi le temps passé en prospection, en formation ou en tâches administratives non facturées. Ce chiffre varie selon l'activité et le rythme de chacun ; il constitue l'hypothèse la plus sensible du calcul, car il divise directement le chiffre d'affaires annuel visé.
Le TJM calculé inclut-il les congés et la prospection ?
Oui, indirectement : ces temps ne sont pas isolés dans le calcul, mais ils doivent être déduits en amont, au moment de fixer le nombre de jours facturables saisi dans l'outil. Un jour de congé, de formation ou de prospection est un jour qui ne rapporte rien mais qui existe dans l'année ; ne pas le retirer du nombre de jours facturables revient à sous-estimer le TJM réellement nécessaire pour atteindre le revenu visé.
Le TJM obtenu est-il le prix à annoncer au client ?
Le TJM obtenu est un seuil de rentabilité, pas un prix de marché. Il indique ce qu'il faut facturer, en moyenne sur l'année, pour atteindre le revenu net visé compte tenu du statut et des jours vendus. Le prix réellement annoncé à un client dépend aussi de la concurrence, du secteur et de la négociation ; il peut être supérieur ou inférieur à ce seuil, qui reste une estimation à ajuster au cas par cas.
